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Psychologie

François Roustang : « Se plaindre entretient la souffrance

 Ruminer ses problèmes, ça enferme. C’est pourquoi l’action vaut mieux que l’introspection. Une affirmation plutôt paradoxale pour un psy. Sauf que celui-ci ne croyait pas au psychisme.

Une vie à contre-courant. François Roustang est l’un des grands trublions du monde psy. Dans son ouvrage, “La Fin de la plainte”, il nous invite à cesser de glorifier nos si chers « moi ». Étonnant pour un thérapeute ? Cette prise de position, il la doit à sa formation initiale, la philosophie, et à sa fréquentation de la théorie lacanienne qui voit dans l’ego une baudruche gonflée d’orgueil. Dans les années 80, Roustang abandonne la psychanalyse traditionnelle pour se consacrer à l’hypnose. Là encore, il se situe à contre-courant des idées communément admises. Pour lui, cette technique, loin d’être passive, nous réveille : elle entraîne un état de vigilance extraordinaire, où nous prenons contact avec notre potentiel créateur.

« Après quoi cours-tu ? » demanda un jour au thérapeute François Roustang l’un de ses amis. Il lui répondit :  » Je cherche à mettre un terme à la plainte !  » L’autre crût à une plaisanterie. De cette conversation naquit pourtant un livre, “La Fin de la plainte”.
La plainte se décline souvent ainsi :  » J’ai un mari et des enfants adorables, mon travail me plaît, pourtant je suis insatisfaite.  » Elle peut revêtir des contours plus tragiques :  » Il m’est impossible d’aimer, car mon père a abusé de moi enfant.  » Dans tous les cas, elle est la preuve qu’un événement persistant du passé nous empêche de profiter du présent. Et de lui faire face. Cependant, explique François Roustang, plus nous nous plaignons, plus nous souffrons. Car la plainte entretient la souffrance. D’où son invitation à la dépasser.

Psychologies : Quand on consulte un psy, n’est-ce pas justement pour se plaindre de ne pas jouir de l’existence ? Et surtout pour essayer d’en comprendre la cause ?

François Roustang : Cette attitude est une caractéristique de notre époque, de notre culture, qui nous invite à nous raconter, à nous inquiéter de notre moi, de notre image. Elle va de paire avec l’individualisme ambiant. Croire qu’on va guérir de sa douleur intérieure en apprenant à se connaître est la grande illusion du moment. Née avec la psychologie, elle s’est développée avec la multiplication des thérapies. On en arrive aujourd’hui à des situations absurdes : des jeunes femmes persuadées de ne pas rencontrer le grand amour parce qu’elles n’ont pas suffisamment  » travaillé sur elles « . Comme s’il fallait un travail sur soi pour être amoureux ! Non seulement la connaissance de soi ne guérit pas, mais elle enferme ! Elle fait de nous des Narcisse dépressifs. Le besoin de comprendre est respectable, il fait pleinement partie de notre culture. Mais comprendre ne fait pas changer.

Si mieux se connaître ne permet pas de vivre mieux, que nous proposez-vous ?

François Roustang : Une piste qui mise non sur l’introspection, mais sur l’action. Un exemple : une femme se plaint de ses mauvais rapports avec sa mère, qui n’a jamais reconnu sa valeur. Au lieu de l’inviter à ressasser son enfance malheureuse, j’essaie de lui faire entendre qu’elle n’a plus besoin, aujourd’hui, d’être reconnue par sa mère ; qu’il existe de nombreuses sources de bonheur possibles pour elle : s’investir dans le travail, l’amour, l’amitié. Le passé ne se change pas.
Il est absurde d’attendre qu’une reconnaissance ou un amour  » ait eu lieu « . La question est :  » Comment faire pour me rendre disponible au réel actuel ?  » Cela suppose de tourner le dos à ses manières habituelles de vivre, de penser, de sentir.

Vous admettez néanmoins que notre histoire familiale, nos expériences douloureuses influencent notre présent ?

François Roustang : Oui. Mais que faire de ce constat ? Je ne nie pas l’importance de notre enfance, j’estime qu’il faut ne pas y rester fixé. L’exemple que je vais vous donner est plus dramatique que le précédent. Récemment, une femme est venue me voir après sept ans de thérapie. Pendant toutes ces années, elle avait fouillé son passé à la recherche d’une preuve, car, à la mort de son père, elle avait eu le sentiment qu’il avait abusé d’elle dans son enfance. Sept ans plus tard, elle n’en savait pas davantage et était au plus mal. Au lieu de continuer à creuser, pour savoir si son impression reposait sur une vérité, je lui ai proposé de travailler autour de cette idée :  » En admettant que mon père ait abusé de moi, quels sont les moyens dont je dispose aujourd’hui pour être heureuse ?  »

Vous vous éloignez donc de la démarche thérapeutique classique, qui est une interrogation du passé. Comment appelez-vous votre technique ?

François Roustang : Je ne le sais plus très bien moi-même. En tout cas, je ne me définis plus du tout comme  » psychothérapeute « , car, pour moi, le psychisme n’existe pas. La psyché, entité autonome séparée du corps, est une pure invention. Le psychisme, c’est du corps ! Et le corps est esprit ! Les maladies dites  » psychiques  » sont en réalité celles d’un corps endormi, passif, qui se renie comme corps humain. La guérison de ce dernier ne passera pas par l’analyse de quelques  » conflits psychiques « , ce qui l’assoupirait encore davantage, mais par la parole, le geste, bref, le contact avec un autre corps humain – celui du thérapeute – qui le réveillera. Il s’agit de rendre au corps sa dimension sensorielle, son langage.

Comment se passe une séance ?

François Roustang : C’est à chaque fois différent. Seul l’objectif est constant : rendre au corps sa capacité de penser. Agissez et vous inventerez une foule de solutions que vous n’entrevoyez même pas ! Un homme s’adresse à moi parce qu’il n’arrive pas à réfréner sa violence. Sa vie et ses relations aux autres sont devenues très difficiles. Je lui demande s’il pratique un sport.  » Du squash, me répond-il, un jeu de raquettes extrêmement violent.  »  » Pourriez-vous imaginer ici, dans ce fauteuil, un geste de squash dans lequel vous seriez totalement immergé ?  » Après un temps d’hésitation, il y parvient et reconnaît se sentir apaisé. Je lui propose alors, dès qu’il ressentira des pulsions de violence, de se remémorer ce geste, d’en éprouver les effets. Une toute petite séquence, mais qui lui permettra de ne plus se laisser submerger par son agressivité.

Si je viens vous voir en disant : “J’explose ! Mon chef de service me tyrannise, mon mari ne lève pas le petit doigt pour m’aider à la maison”, que me répondrez-vous ?

François Roustang : Dans un premier temps, je vous dirais de vous investir totalement dans cette situation, avec ce qu’elle implique de souffrance. Cessez de la subir et essayez de vous dire :  » Je vais bien. Il y a en moi quelqu’un qui va bien et auquel je n’accorde pas une attention suffisante.  »

C’est la bonne vieille méthode Coué : “Je vais bien, je vais de mieux en mieux chaque jour” !

François Roustang : Exactement, mais prise très au sérieux. Je n’essaie pas de suggérer un état de bien-être inexistant. J’affirme au contraire ce qui est. Même si la situation est difficile, j’y adhère, dans une forme d’amour. C’est à cette condition qu’une vie change ! Ça vous paraît simpliste ? Essayez ! Votre supérieur hiérarchique vous harcèle ? Au lieu de laisser votre corps s’assoupir, de vous recroqueviller sur vous-même, dites-vous :  » Je prends la situation en main, je l’admets.  » Lorsqu’on a, face à soi, quelqu’un qui manifeste une véritable présence, qui vous regarde, on ose moins le piétiner. Bien sûr, ce n’est pas une méthode miracle : il existe des pervers ingérables ! Face à un chefaillon pervers, la meilleure solution est souvent de changer d’emploi ou de prendre un congé maladie pour  » récupérer « . Mais vous le ferez de façon plus  » intelligente  » si vous avez renoué le contact avec votre corps, vos sens, si vous vous êtes d’abord retrouvé.

D’accord, mais vos propos me semblent très abstraits. Concrètement, je m’y prends comment ?

François Roustang : Comme cela [François Roustang accomplit un mouvement du corps qui lui permet de se redresser et d’ » être là « . La posture juste ne s’explique pas, elle se ressent]. Vous avez les moyens d’agir ! Mais vous l’ignorez : vous êtes dans la situation de l’enfant au bord de la piscine, qui se demande comment on fait pour nager ! En réalité, c’est évident : il n’y a qu’à  » faire « . A propos de l’apprentissage, le philosophe Ludwig Wittgenstein explique qu’à un moment il faut dire à l’apprenti :  » Tais-toi et fais-le !

Et si je manque totalement de confiance en moi…

François Roustang : Effectivement, le travail du thérapeute se complique. Dans ce cas précis, il s’apparente à un guide de haute montagne, qui ne peut pas grimper à la place de l’autre, mais l’encourage :  » Je suis là, je tiens la corde, vous pouvez y aller.  » C’est la relation patient-thérapeute qui va restaurer la confiance en soi. Même quand on a la sensation quelle est absente, il en existe un fond en chacun de nous.

Source: http://www.psychologies.com/

Lu et communiqué par Michel https://homechizen.fr  et https://blog.homechizen.fr

Votre vie commencera à changer au moment où vous cesserez d’attendre

Souvent, on nous dit qu’attendre en vaut toujours la peine, qu’il faut faire preuve de patience car les choses finissent toujours par arriver.

Cependant, il ne faut pas tomber dans l’extrême et laisser notre existence en mode “attente“, au risque de laisser notre présent nous échapper.

Selon une étude publiée dans la revue “Boston Globe”, les personnes, et en particulier la population jeune, recherchent toujours des gratifications immédiates car elles manquent de patience à court terme.

Cependant, en ce qui concerne la projection du futur et la réalisation des objectifs, “le besoin de promptitude” n’est pas aussi prononcé. En effet, nous sommes capables d’attendre sur de longues périodes jusqu’à ce que notre moment arrive.

 Parfois, l’anxiété liée à une attente trop longue peut entraîner la désillusion.

Votre vie commencera à changer au moment où vous arrêtez d’attendre et où vous ajusterez vos attentes à la réalité.

Nous devons être des agents actifs de notre présent, et des créateurs de nouvelles pensées et de nouvelles émotions qui donnent lieu à des actions plus novatrices. Nous vous invitons aujourd’hui à réfléchir à ce sujet.

femme avec les yeux fermes

Quand attendre devient un choix volontaire

Certaines personnes font de leur propre existence une antichambre éternelle, dans laquelle elles rêvent mais où jamais rien ne se produit.

En revanche, d’autres personnes expérimentent une rétro-alimentation très négative face à cet ajournement de récompense ou à cet objectif vital.

Il est clair que nous n’affrontons pas tous de la même façon ces situations d’attente : certains désespèrent et d’autres s’accommodent.

Dans ce second cas, il s’agit d’un concept bien moderne que nous appelons : la procrastination.

  • La procrastination, c’est remettre au lendemain de façon systématique des tâches que nous devrions accomplir.
  • Il s’agit d’un phénomène social et psychologique qui n’est pas toujours en lien avec la simple paresse et qui va bien au-delà de cette idée. En effet, les personnes qui repoussent ou remettent à plus tard des activités ou des projets attendent tout simplement que le futur fasse le travail à leur place.
  • Généralement, le “procrastinateur” surestime le temps qu’il lui reste pour réaliser une tâche ou un projet. Il pense qu’il vaut mieux attendre le moment adéquat, qui, bien évidemment, n’est jamais le moment présent.
  • Il faut savoir que la procrastination est également observée chez des personnes très actives qui aiment concevoir des idées mais qui ne les mettent jamais en pratique car, pour l’instant, elles ont changé d’avis et ont un autre objectif en tête.

Les choses ne tombent jamais du ciel. Il est possible que le destin fasse de nous des personnes chanceuses à un moment donné, mais cela n’est pas très fréquent.

 

Le futur ne résout pas les choses si nous ne favorisons pas le mouvement, l’action et le propre désir de changement dans notre esprit. Cessez d’attendre et votre réalité sera bien différente.

 On vit mieux sans rien attendre de personne et en attendant tout de soi-même.

homme avec une lumiere entre les mains

Ne vivez plus en mode “attente” : soyez le maître de votre réalité

Même si Léon Tolstoï nous disait que tout vient à point à celui qui sait attendre, en réalité, vivre en mode “attente” peut nous faire tomber dans un état de frustration et de manque de défense complètement désespérant.

Une étude réalisé en 1997 et publiée dans la revue “Psychological Science” nous mettait déjà en garde sur le danger que pouvait représenter le fait de toujours remettre à plus tard les choses et de nous limiter à attendre que le futur nous apporte les choses (nos objectifs, pour ainsi dire).

Nous devons êtres des agents actifs de notre réalité, et, pour cela, il est nécessaire de prendre en compte ces quelques idées :

  • Arrêtez de centrer vos attentes seulement sur le lendemain : cela ne signifie pas que vous ne deviez pas prendre en compte le futur, mais qu’il est nécessaire d’agir aujourd’hui pour que l’avenir dont vous rêviez soit possible.
  • Cessez d’attendre autant des autres : car avoir de trop grandes attentes peut vous faire souffrir. Attendez des résultats de votre part, adoptez une attitude réaliste et autorisez-vous à être réceptif au lieu d’être exigeant envers les personnes qui vous entourent.
  • Il n’existe pas de vie parfaite, cependant, il existe bien un état dans lequel vous puissiez être heureux. Cette idée résume une fois de plus le danger d’établir de trop grandes attentes de la vie. La perfection n’existe pas. Cependant, il existe un équilibre merveilleux dans lequel vous pouvez être vous-même et vous sentir fier de ce que vous avez.
  • Travaillez votre capacité à agir et à décider sans avoir peur. Être protagoniste de votre histoire vous oblige à être un agent actif, entrainant des transformations continues que vous devez mener sans crainte.

femme en train d'accrocher des lunes dans les arbres

Parfois, nous passons notre temps à rêver d’un futur, qui, lorsqu’il arrive, ne nous apporte rien de nouveau. Alors nous nous remettons à attendre, à nous projeter.

Au lieu de nous frustrer, nous devrions être capables de provoquer le changement, d’établir un plan, de sortir de notre zone de confort, de toucher la lune de la pointe du doigt autant que nous le pouvons… En bref, nous devrions être capable de viser haut.

 https://nospensees.fr

 

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