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Meditation

Chut ! Le silence nous parle

haut_chutsilence© Pavel Klasek

 Les traditions spirituelles font une place au silence. En oser l’expérience, pendant un jour, une semaine ou davantage, peut s’avérer plus révélateur d’une vérité que bien des discours.

De nos jours, la parole est partout, notre quotidien est noyé sous le bruit de nos activités. On allume la radio le matin, la télévision le soir, on pianote sur son téléphone portable à longueur de journée. On branche ses écouteurs dans le métro, on subit le vacarme des transports. La musique s’est également imposée dans les bars, dans les restaurants, dans les ascenseurs, dans les magasins. Les personnes qui parlent peu sont considérées comme étranges. Partout, tout le temps, il faut avoir un avis, une anecdote… Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : ce son continu affecte nos capacités auditives, notre niveau de stress, notre sommeil, nos facultés de concentration, ainsi que le bon fonctionnement de nos systèmes cardiovasculaire, digestif et endocrinien. Mais est-ce vraiment tout ? On raconte qu’en 1940, Winston Churchill s’est tu deux à trois minutes avant d’accepter d’entrer au gouvernement. Bousculé par son silence, l’homme qui devait occuper le poste de Premier ministre s’est désisté au profit de Churchill, pressentant que seul ce dernier avait l’envergure pour diriger la Grande-Bretagne en temps de guerre… Comme si, dans le fait même de se taire, une force et une vérité trouvaient à se révéler. L’actualité est venue nous le rappeler : après les attentats de Paris ou de Nice, qui n’a pas éprouvé le besoin de laisser le silence nous dire et nous unir ? Surtout face à un flux d’information qui nous rend trop réactifs, boulimiques, ou l’important se noie parfois dans ce qui ne l’est pas. A tant s’épancher, quel malaise masque-t-on, quel vide comble-t-on ? « Dans nos sociétés, quand la conversation s’arrête, on est souvent gêné, note le prêtre et philosophe Jean- Yves Leloup. Pourtant, quand on aime quelqu’un, on n’a plus besoin de parler. Il y a du silence au sein de la rencontre. »

Dialogue intérieur

Christian Möllenhoff est professeur de yoga et de méditation à Paris. Dans son école du 11e arrondissement, point d’encens ni de musique douce. On entre en silence, on pratique et on sort en silence, afin de favoriser l’intériorité et la disponibilité. « Le silence est une composante de nombreuses traditions spirituelles », rappelle-t-il. Chez les peuples premiers, les chamanes s’isolaient, en pleine nature ou au fond des grottes. Les pères du christianisme ont fait l’expérience du désert. Certains moines, comme certains yogis, font vœu de silence. « Pour certains, c’est simplement un moyen d’expérimenter une difficulté de vie supplémentaire, souligne l’enseignant, mais plus généralement, c’est un des facteurs qui mènent à une nouvelle compréhension, de soi et du monde. »
Le processus n’est pas forcément aisé : se taire, c’est l’inconnu, le risque de la solitude, la peur de l’évaporation sociale… Et la confrontation avec soi. « La parole contribue à nous forger un personnage, qui n’est peut-être pas l’être véritable que nous sommes, estime Christian Möllenhoff. On bavarde parfois pour ne pas ressentir. Le silence n’induit pas automatiquement le calme : il nous met face à nos conflits et démons intérieurs. Ce peut être invasif, douloureux, étouffant. »

Dans l’impossibilité de fuir dans la parole, il faut accepter d’accueillir, de cerner, de lâcher. « Mon mois de silence, lors d’une retraite de yoga et de méditation, m’a permis d’observer les variations de mon mental, témoigne Jean-François, l’un des collaborateurs de Christian Möllenhoff. D’ordinaire, quand on vit quelque chose, on en parle. Par ce biais, on fige un sentiment ou une attitude. Souvent, on adapte aussi son discours à ses interlocuteurs. Là, j’étais mon seul auditeur. Je me suis aperçu que sur un sujet, je pouvais avoir une opinion à un moment et, quelque temps plus tard, estimer l’inverse. Au départ, ça m’a perturbé, puis ça m’a fait sourire. J’ai touché du doigt combien nos pensées et nos émotions ne sont pas totalement fiables. » Une paix intérieure s’est installée, lui donnant accès a une part de lui-même plus profonde, observatrice des aléas de surface. « Quand nous touchons ce point de silence en nous, nous sommes à notre source, commente Jean-Yves Leloup. Ce silence n’est pas contre la parole ni les bruits : il les contient, sans se laisser emplir par eux. »

On bavarde parfois pour ne pas ressentir.

La voix du sensible

S’ouvre alors, subtilement, un autre rapport au monde. « D’abord en prenant conscience de l’énergie que nous consumons d’ordinaire à exprimer et à défendre des avis », souligne Christian Möllenhoff. Exit la conceptualisation, la projection et l’échange de récits ou d’idées : notre énergie est disponible à autre chose, le ressenti devient central, l’attention primordiale. « En silence, on entend dix fois plus les bruits de la nature, on note dix fois plus de détails visuels, on est plus conscient de ce que l’on fait », indique Jean-François. Privé d’expression orale, on s’enracine dans le présent, on développe l’écoute. « Fréquemment, on demande des informations à autrui pour se rassurer, alors qu’au fond, on sait », poursuit Christian Möllenhoff. Quand poser des questions devient impossible, il faut chercher seul, puiser en soi les ressources, développer son intuition et sa créativité. Car le silence n’a rien de vide : en tournant notre regard vers l’intérieur, il nous fait toucher du doigt notre richesse de perception et d’imagination.

Émancipé des stimuli sonores, notre esprit est tout ouïe pour lui-même. Des visions fleurissent, une clarté émerge. A la clé : un bien-être avec soi, une compréhension de sa place, et une confiance dans ses capacités. « On s’aperçoit aussi qu’une nouvelle forme de communication s’installe », ajoute Christian Möllenhoff. Non pas basée sur les mots, ni même sur les gestes ou les échanges visuels, mais sur un feeling, corporel ou émotionnel, et une intelligence des signaux faibles : une façon de se mouvoir, de poser le regard, d’être bien (ou non) dans le champ d’énergie de quelqu’un… Jusqu’à percevoir parfois une forme de télépathie : « Dans ces moments, on capte les pensées les uns des autres, révèle l’enseignant. Cela n’a rien d’extraordinaire : elles ne sont peut-être pas si personnelles. En silence, on est plus réceptif, plus connecté à cet espace commun. » Jean-François en témoigne : « Un jour, durant mon mois de silence, je travaillais dans les champs avec une amie. Déjà, le spectacle de la beauté de la nature me procurait un sentiment d’osmose avec les éléments. Ma camarade et moi ramassions des carottes. À un moment, dans cette proximité, j’ai eu l’impression que le temps s’arrêtait. Nous nous sommes regardés ; j’avais la sensation que tout était figé, que j’aurais pu m’extraire de la matrice. C’était un instant extraordinaire, de pure présence partagée. »

J’avais la sensation que tout était figé.

Retrouver l’équilibre

Pas toujours facile, ensuite, de revenir à la parole : « Les voix résonnaient dans ma tête, leurs vibrations m’envahissaient, impactaient mon rythme intérieur et m’empêchaient de dédier mon attention au moment », souligne Jean-François. L’idée n’est pas de rester mutique. Les mots sont un outil performant d’information, de lien et de reconnaissance mutuelle. Il y a des circonstances ou dire et se dire est essentiel, pour ne pas laisser cours aux tabous ou aux frustrations. D’autant que lorsqu’il est imposé, le silence peut rendre fou. Des expériences ont montré qu’une personne enfermée dans une chambre sourde est susceptible de développer des troubles psychotiques. L’important, dans le retrait de la parole, c’est de nous faire reconsidérer celle-ci. Le verbe n’est qu’un outil d’interaction, parmi d’autres. Plus il est posé, nourri de discernement et de profondeur, plus il porte.

Des recherches menées en 2006 par le cardiologue Luciano Bernardi ont révélé que deux minutes de silence au sein d’une musique douce étaient plus relaxantes que la musique elle-même, du fait probablement du contraste entre le son et sa disparition. Dans l’œuvre du compositeur Morton Feldman, c’est le silence qui donne du relief aux notes, qui souligne leur force. Ainsi devrait être la parole : empreinte d’espace et de recueillement. On dit que Gandhi restait silencieux un jour par semaine. Lui faire de la place au quotidien, c’est s’accorder le droit d’un repas sans conversation, ou couper de temps à autre ses réseaux d’information. C’est aussi marquer un temps d’arrêt entre une situation et la façon dont on y réagit. Choisir ses mots, leur ton, leur temporalité… Ou faire le choix de s’abstenir. « Revenir à cette page blanche est précieux », confirme Jean- Yves Leloup. Pour Jean-François, désormais, les moments de silence ne sont pas vides, mais au contraire les plus pleins. « Quand je parle, je raconte. Quand je me tais, je vis », conclut-il.

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Lu et communiqué par Michel http://homechizen.fr et  http://blog.homechizen.fr

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :                                                                                                         Le texte ne doit être  ni modifié, ni coupé, avec la mention découvert sur http://blog.homechizen.fr

Quelques conseils pour vous lancer dans la méditation

Voici quelques conseils pour celles et ceux qui souhaitent se lancer dans la méditation.

Conseil n°1 : soyez patient

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Ne cherchez pas à devenir un pro de la méditation.Vous progresserez pas à pas, apprendre à méditer demande un peu de temps, soyez patient !

Débutez la pratique de la méditation lentement, rien ne presse.

Commencez par 2 minutes, puis 5 puis à 10, et ainsi de suite. Si tout va bien, augmentez juste un peu chaque semaine, mais commencez petit.

Conseil n°2 : trouvez le bon endroit

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On peut méditer partout, mais au début, il vaut mieux commencer dans les meilleures conditions.

Si vous avez l’espace suffisant, vous pouvez vous créer un petit coin zen : avec des bougies et quelques coussins, par exemple. Ce qui importe, c’est que vous vous y sentiez bien.

Bien que la méditation ne requière aucun matériel, vous aurez peut-être besoin d’un peu de confort pour débuter. Vous pouvez vous procurer un coussin de méditation ou utiliser un tapis de yoga par exemple.

Conseil n°3 : choisissez le meilleur moment

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Choisissez le meilleur moment pour vous.

Certaines personnes préfèrent pratiquer la méditation dès le réveil, d’autres avant d’aller au lit…

L’important est de choisir un moment où vous êtes au calme et de vous en tenir, au début, à ce moment-là, afin que cela devienne un mécanisme.

Astuce : créez un rappel sur votre téléphone pour votre méditation quotidienne.

Conseil n°4 : trouvez votre posture

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Dans la tradition bouddhiste, on médite généralement dans la position du lotus (les genoux au sol, le pied gauche posé sur la cuisse droite et réciproquement).

Mais cette position peut être très inconfortable pour les non-initiés, vous pouvez donc aussi opter pour le demi-lotus (l’une des jambes repose à plat sur le mollet de l’autre) ou tout autre position à condition de garder le dos droit.

Rentrez légèrement le menton, relâchez les épaules.

Il s’agit de ne pas perdre votre concentration pendant votre séance à cause d’une mauvaise posture

Conseil n°5 : concentrez-vous sur votre respiration

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Une fois que vous êtes bien installé(e), concentrez-vous sur votre respiration.

Essayez de compter mentalement « 1 » alors que vous prenez votre première inspiration, puis encore « 1 » alors que vous expirez. Puis « 2 » en inspirant, « 2 » en expirant. Et ainsi de suite. Continuez à compter jusqu’à « 10 ».

Lorsque vous remarquez que votre esprit s’égard, revenez avec bienveillance à votre souffle. Recommencez à « 1 ». Il est parfaitement normal de ne pas rester concentré au début, la méditation demande beaucoup de pratique.

Cet exercice de concentration sur la respiration permet de lutter contre la dispersion des pensées. En même temps qu’il l’apaise, il enseigne à l’esprit comment se rassembler.

Conseil n°6 : accueillez vos émotions avec bienveillance

Side view of Asian young adult female with eyes closed.

Lors de votre séance de méditation, des pensées et des émotions vont se présenter à vous, c’est inévitable au début. Accueillez-les avec bienveillance, ne les voyez pas comme des intrus.

Reconcentrez-vous sur votre souffle sans chercher à contrôler vos émotions ou vos pensées.

Il est tout à fait normal qu’au début vos pensées obstruent votre méditation.

Conseil n°7 : faites le point

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À la fin de votre séance, observez les effets de la méditation sur votre esprit et votre corps.

Êtes-vous plus ou moins stressé(e) ? Plus ou moins détendu(e) ? Votre esprit est-il vide ou pensez-vous à quelque chose ?

L’idée est d’observer les effets en toute bienveillance, ne vous jugez pas si vous n’avez pas réussi à bien vous concentrer, ça viendra

Conseil n°8 : aidez-vous de méditations guidées

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Si cela vous est utile, vous pouvez très bien commencer en suivant des méditations guidées à l’aide de supports audio, vidéo ou de cours.

Il existe de nombreuses applications pour smartphones qui proposent de vous aider à vous relaxer et à méditer, vous en trouverez quelques-unes ici.

Vous pouvez également vous aider de vidéos YouTube ou de nos méditations guidées.

Enfin, il existe des stages ou des ateliers pour apprendre à méditer. Il peut être intéressant de commencer avec un professeur, qui pourra vous guider et vous conseiller.

Sources : zenhabits.net – Thich Nhat Hanh, The Miracle of Mindfulness, Beacon Press, 1974

http:// passeportsante.net

Lu et communiqué par Michel http://homechizen.fr et  http://blog.homechizen.fr

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